Des activistes qui ont tenté de se rendre à Gaza racontent leur périple
Des activistes canadiens qui ont participé à une marche qui regroupait des activistes propalestiniens du monde entier et qui tentait de se rendre à Gaza affirment avoir été détenus et malmenés par les forces de l'ordre égyptiennes avant d'être contraints de rentrer au Canada. Trois activistes de Windsor, en Ontario, Elizabeth Ha, Paul Chislett et Mireille Coral, se sont rendus au Caire, la capitale égyptienne, vendredi dernier dans l'espoir de se joindre à des milliers de manifestants pour la Mme Ha affirme que la situation à Gaza lui est intolérable. Leur périple a pris une tournure dramatique lorsqu'ils ont été arrêtés à un poste de contrôle sur l'autoroute près d'Ismailia, à environ deux heures de route du Caire. Les trois Canadiens affirment avoir été détenus pendant sept heures sous une chaleur de 37 degrés Celsius avec des centaines d'autres activistes d’un peu partout dans le monde. M. Chislett, qui accompagnait sa conjointe Mireille Coral, raconte qu'il a été traîné de force vers un autobus. Mireille Coral, pour sa part, était présente avec son mari lors de ces événements. Le couple a fait plus ample connaissance avec Elizabeth Ha pendant leur détention au poste de contrôle. Dans un communiqué publié jeudi, Affaires mondiales Canada a confirmé être au courant que des citoyens canadiens avaient été détenus en Égypte. Mme Ha faisait partie des gens de Windsor qui se sont envolés pour Le Caire vendredi dernier. Elle espérait y rejoindre d’autres activistes. Elle-même et un autre activiste canadien ont pris la route vers un campement dans la ville d'Ismaïlia, à près de deux heures de route du Caire, où ils devaient rejoindre d'autres délégations. Or, avant d’arriver à Ismaïlia, ils ont été arrêtés à un poste de contrôle sur l'autoroute. Mme Ha affirme que les policiers ont pris leurs passeports. D’autres activistes disent avoir vécu une expérience similaire. Mme Coral et M. Chislett disent eux aussi que les policiers égyptiens ont pris leurs passeports. Tous trois ont fait connaissance pendant qu'ils étaient en détention. Ces trois résidents de Windsor affirment que sous une chaleur de 37 degrés Celsius, des centaines d'activistes du monde entier ont été détenus pendant un total de sept heures, sans pouvoir récupérer leurs passeports. Elizabeth Ha affirme qu'elle a été arrêtée et mise en détention. Photo : Radio-Canada / Pratyush Dayal/CBC Mme Ha affirme avoir vu deux policiers À ce moment-là, Mme Ha a commencé une diffusion en direct sur Facebook. M. Chislett affirme qu'il a été porté et traîné à travers le stationnement avant d'être forcé de monter dans un autobus. M. Chislett dit qu'il a tenté de résister mais qu'on l'a À ce moment-là, Mmes Ha et Coral ont été séparées de M. Chislett. Mme Ha affirme qu'elle-même et Mme Coral ont été déposées Mme Coral raconte que les heures suivantes ont été très anxiogènes. M. Chislett affirme qu'il a perdu son téléphone mais qu’il a pu contacter Mme Coral par courriel grâce à une âme charitable. Ils ont pu se retrouver. Mme Ha affirme qu'elle a été informée lundi soir que la situation s'aggravait : elle dit avoir entendu que d’autres activistes étrangers avaient été arrêtés et expulsés à d'autres postes de contrôle. Elle est rentrée au Canada par avion cette nuit-là. Mme Ha affirme que l'ambassade canadienne aurait dû être plus proactive, surtout puisque, selon elle, à un autre poste de contrôle plus près de la frontière, des milliers de personnes ont été détenues. Dans un communiqué jeudi, Affaires mondiales Canada a déclaré être au courant que des citoyens canadiens ont été détenus en Égypte. Celui-ci a ajouté qu'aucune autre information ne peut être divulguée en raison des dispositions de la Loi sur la protection des renseignements personnels. Il a réitéré que la décision de voyager relève de la seule responsabilité de chaque personne. Selon les trois activistes de Windsor, les autorités auraient pu agir sans utiliser la force. M. Chislett a ajouté que même après avoir souffert de quelques égratignures, il songe à y retourner. Mme Coral, elle, a déclaré qu'elle n’y retournerait pas dans les conditions actuelles mais qu'elle continuera à s'exprimer contre la guerre. Mme Ha affirme qu'elle aussi songe à y retourner. D'après les informations de Pratyush Dayal, de CBCGlobal March to Gaza
, une démonstration de solidarité avec le peuple palestinien. Ils avaient pour objectif de se rendre à pied au poste frontalier de Rafah, entre l'Égypte et Gaza.La mère en moi fait beaucoup de nuits blanches.
J'ai participé à beaucoup de manifestations, mais je n'avais jamais été malmené de cette façon auparavant
, a-t-il déclaré.Tous les Canadiens détenus ont maintenant été libérés
, a déclaré un porte-parole du ministère.Voyage vers l'Égypte
Tout l'après-midi, [les policiers égyptiens] ont dit : "Si vous voulez récupérer vos passeports, montez dans l'autobus." Et si nous étions montés dans l'autobus, ils nous auraient menés à l’aéroport et nous auraient expulsés
, a raconté M. Chislett.Sept heures de détention sous une chaleur accablante
Puis, ils ont transporté ces grandes barricades en plastique, ont commencé à les placer autour de nous et à se rapprocher, nous écrasant presque
, a déclaré Mme Ha. Ils nous traitaient littéralement comme des animaux, nous forçaient à nous entasser dans un petit espace. Derrière nous, il y avait des véhicules militaires et des hommes avec de gros fusils.

donner des coups de pied
à une autre personne qui avait été détenue. Elle a tenté d'intervenir, sans succès.Quand ils nous ont vus avec la caméra en train de filmer, c'est là qu'ils sont devenus plus violents. Ils ont vu Paul filmer. Ils ont fait tomber son téléphone, ont agrippé [Paul]. Ils l'ont violemment tiré vers l'autobus
, a-t-elle déclaré.Allégations de violence physique
Un ou deux gars tenaient mes bras, quelqu'un tenait une de mes jambes, un autre me traînait... D'autres personnes se faisaient pousser dans l'autobus par-dessus moi
, a-t-il déclaré.frappé sur le flanc
et qu'il a senti qu'il y avait une botte
dans son derrière.Plus il y avait de téléphones qui sortaient [pour filmer], plus ils se fâchaient
, a déclaré Mme Ha. Ils me tiraient dans toutes les directions, me tiraient les cheveux, me poussaient la tête et agrippaient mon cou. C'était irréel. J'ai vraiment pensé à ce moment-là : "Je vais mourir."
C'était comme si on poussait des animaux dans un camion. Les gens trébuchaient dans l'autobus et les policiers continuaient à utiliser une force [excessive]. [...] Ils sont montés dans l'autobus et ont commencé à pousser tout le monde
, a-t-elle ajouté.Séparés
au milieu de nulle part
et ont pris un taxi pour retourner au Caire.Je ne savais pas où était Paul. Il ne répondait pas aux appels sur son téléphone. À un moment donné, un étranger a répondu au téléphone [de M. Chislett]. J'étais inquiète : qu'est-ce qui était arrivé à Paul? Était-il dans un poste de police quelque part? L'avaient-ils abandonné dans le désert? [...] C'était ma grande peur avant notre départ : que nous soyons séparés.
La réponse officielle du Canada
Les agents consulaires étaient en contact avec les autorités locales pour obtenir plus d'informations et ont offert une assistance consulaire
, a déclaré un porte-parole du ministère.Tous les Canadiens détenus ont maintenant été libérés
, a-t-il ajouté.Malgré tout cela, ils referaient le voyage
Des enfants bombardés, des parents qui tiennent leurs enfants morts, des ambulanciers et des premiers intervenants qui essaient de faire leur travail tout en évitant des [attaques]... Ils n’ont pas de voix. Alors, je suis leur voix
, a-t-elle déclaré en sanglots.[Les Palestiniens] sont des êtres humains et nous voulons rappeler au monde cette humanité.
Je m'organiserais beaucoup mieux [si j’y retournais].
Je choisirai toujours de me battre pour l'humanité. Je crois qu'il y a de l'espoir. Je me battrai pour la justice. Je l’ai fait [et continuerai de le faire] pour les gens en Palestine.
Je voulais qu'ils sachent que [...] nous nous sommes présentés physiquement.
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